Et si le bonheur vous dérange,
J'vous en ressers avec plaisir,
Vous les vivants, soyez heureux,
Soyez le deux fois pour tous ceux
Sans vraiment chercher
le compte des heures et des années
C'est plutôt comme un trou
qui n'a fait que gonfler
Trop normal ou pas assez
c'est bizarre une société
trop normal ou pas assez
être vivant c'est bien assez
Assez assez assez
Debout et avancer
Tant pis pour la collectivité
Laissé par terre, aussi froid que le sol en béton trempé, il ne bouge plus.
Nu sous le regard des gens qui ne s'arrêtent pas,
aussi nu que l'arbre et le sol, blessé à terre.
Ouvert en son milieu, comme débraillé,
dépouillé du corps qui l'avait porté, abandonné
comme une vieille peau, usé.
Il ne bouge plus. Je m'arrête sans m'approcher,
il pourrait me mordre de toute sa nudité.
Comme une peau retournée, la chair à l'air, les mots de l'intérieur vers l'extérieur. Un corps de mots. Le corps à l'air dans le flot des mots.
Silence violent.
Il parle
Il crache
craquelle densément lâche !
dans la justice
de la terre
"Rien à dire, rien à vivre..." flotte à mes côtés la voix de Mano Solo, je dis ça parce que personnellement dans l'état du monde et de ma vision, j'ai rien à dire, je fais juste, figé dans un coin sombre une sérénade de mon existence et fiché dans mon être mélangé, la torpeur des départs et le silence qui évoquent tout le rien environnant qui fait un ronron d'enfer.
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