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UN GRAMME DE MOTS

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UN GRAMME DE MOTS
Je devrai écrire un livre pour ne plus parler ni penser à elle, un livre plein de pauvres erres livrant bataille à pire que tout ce que nous avons vécu, les martyriser, me défouler les faire souffrir, les faire mourir, chaque jour, chaque enfer de seconde dans un drame inexplicable mais bien raconté avec des mots pour pas une vie pas un instant de paix comme s'il en pleuvait de la merde, du poisson pourrit, un livre pire que Céline la petite bière du maussade,

pas de la grosse ficelle au superlatif de chaque personne, juste un paquet compact inextricable de pure douleur humaine, indivisible à perdre la couleur dans les yeux, qu'un noir domine pour l'éternité de la torture humaine.
Quelque chose s'approchant à peine de ce que je n'ose m'avouer dans chaque instant de présent qui ruine l'image de Dieu, du beau, de la vérité, de la vraie chaleur d'un rayon de soleil. L'oiseau n'est que viande qui vole et pourrit, nous n'avons qu'à ouvrir la bouche pour accueillir son envie, la jalousie nous satisfait d'un repas d'étron tombé du ciel, tout le monde dit merci, je veux le fouet aussi, qu'on me donne des clous, la gaine et le collier, que l'on me dise que je ne suis pas fou. Tout ça il le faudra, tout ça au même endroit, il va falloir écrire pour cesser de dire et de poursuivre, il va falloir attendre écouter, se calmer, pour souffrir en délice, comme un Homme, se glorifiant de sa nouvelle cicatrice, gonfler sa bite et gonfler le torse et tout cracher dans le pavé. Il va falloir écrire plutôt que mentir, embrasser du papier et se retourner cent fois dans sa tombe sur le monde entier. Ecrire un livre ouvrant la nuit. Le noir total.
Y'en a tellement des mots pour ça, des mots pour tuer, pour torturer, pour souffrir, des mots pour étrangler, lapider, pendre et écarteler, des mots pour brûler, glacer, découper, figer, détruire, fissurer, abattre et rabattre, des mots pour mitrailler, transpercer, découper, ensanglanter, meurtrir, des mots pour venger, supplicier, opprimer, amputer, pour payer, pour décapiter, dépiter, déprimer, des mots pour se dire que l'on s'aime, des armes plein la bouche, on crache son coeur comme une bene à ordures. Il y a si longtemps que ça pourrit ces choses là, on crache des villes entières d'habitants, haineux, du fond du corps, la banlieue de la façade ouvre ses voies et tout dégouline et tout mouline dans l'horreur, la fureur, le mépris par la folie, la guerre du coeur, boum boum son canon qui vit là depuis que tu vis, il tire à vue des munitions d'envie, mais c'est le meurtre qui sort, l'éjection de l'abjection, il pisse la mort comme du houblon, la mousse au coin des lèvres quand elle hurle sur toi, les mots tous ces mots comme des grêlons d'Islande, sa voix, sa bouche pleine de fils, la mort est là en face de toi, pleine de mots.
Oui Madame je monte sur scène depuis deux mille ans, j'y jette des balles, j'y jette des mots comme un trou de balle de tout mon ego, si tu en chiale ce sera la merde qui te sortira enfin, tu pueras du lacrymal, dans tes cris d'animal, tu nous verras ravis, en joie de ta sortie pour nous rejoindre enfin, les gueux qui puent l'espoir, qui jamais ne s'arrêtent de vivre de respirer, même en tas là posés, décharnés. Des million d'âmes autour de la mienne qui rien ne s'épargnent et toutes se contiennent, car rien ne se tue, sauf soi-même dans justement cette unique certitude. Je monte sur scène le couteau enlacé au coeur, rien de nouveau, tout le monde dit bravo, ça fait si loin d'ici, juste une vraie vie. Y'a celle des gens qui sont absents dans mes dessins, qui sont content de leur destin, j'ai vu le pire en eux et pourtant tant de gens ont l'air heureux. Alors les mots sont là, pour leur offrir un petit quart d'heure de trépas, une petite engeance qui rime, une larme qui danse et frime, tout baigne, le mots souffrent et les gens vivent. Les mots m'essoufflent et plus rien n'est digne.
Alors le silence.
Ecrire un livre en silence, écrire le livre du silence, écrire des mots silencieux, se taire en écrivant, laisser le silence du vent quand on feuillette les pages blanches, écrire du vent. Ne plus écrire? Comment ne pas écrire que l'on n'écris plus? Comment se taire de son silence. Tu sais, je me tais. Je viens te dire que je ne suis pas devant toi. Je viens en silence dans l'inutile, la complaisance dans le futile, j'estime et je pèse le poids d'un gramme de mot, du nombre de rond qu'il fera en surface, je postillonne ma verbe, j'abandonne un fil pour tresser des cordes, mais tout est fragile et vient me mordre, j'ai faim me dit-on de partout, les mots creusent le ventre et dépérissent la nature. La famine est pleine de dictionnaires.
Mais c'est incroyable ce qu'on en prend plein la trogne, mais c'est pas ce qu'on avait prévu, on va pas pouvoir chier dessus, tout à coup les mots changent, y'a comme un trou dans le texte, y'a comme une gomme sur le nerf, la machine se disloque d'elle même et les mots se marrent de leur pathos, se laissent tomber d'eux-même pour rigoler de combien ils étaient lourds, les mots se mettent même à manquer, ça devient du sport d'en trouver tellement qu'on est pas habitués à faire rimer des trucs en délice, qui ne soient pas précipice, actrice, supplice, caprice, factice, Alice, Alice.
C'est que les mots sont déjà pleins d'entrain dans toutes les bouches, toutes les têtes pour déborder la vie, rattraper ce qui leur échappe car le bonheur est leur ennemi, jamais il ne se raconte, il se vit. Dès qu'on y pense c'est fini, les mots le tuent, les mots lui donnent un nom pour disparaître, noyé dans la foule des mots il rejoindra l'arène, comme les autres il faudra qu'il y tienne ses rennes mais c'est pas son genre, c'est pas sa vie, sa vie elle est partout sauf avec les mots.
Il faudra donc tout balayer, tout enlever, les montagnes et la glace, laisser ramoner les glacier la campagne et les alentours, comme un tsunami givré tout défoncer en se chargeant de boue, de pierres et d'enfer, de tous les arbres encore debout, une avalanche de tout ce que l'on peut construire, en vrac, en mouvement d'une inertie inarretable, il avance le paquet de merde, jusqu'aux flots, jusqu'à sa mère, jusqu'à la mer, pour tout lui rendre puisqu'on en sort, puisqu'on en vient, abandonnant nos poils pour s'en faire des favoris, des couettes pour se pendre, des tiges en fer dans un catogan de velours, le glacier tracera l'oubli, derrière lui personne ne reste pour s'en souvenir. Seule une enfant se joue des vagues, elle est là se tortillant, qu'importe le nouveau monde qui nait, on y vivra comme dans tous les autres, en pleine panique bien ordonnée, en pleines croyances bien enfoncées, comme on pourra, comme on pourrit, comme la vie le dit. Une enfant se joue des vagues du nouveau monde, elle ne se retourne pas, elle est comme celui d'hier, elle veut bien que ce soit moi, elle ne se retourne pas.
Je ne sais pas dessiner les arbres, ni écrire sur le sable, je ne sais as voir un aveugle qui me dit " montre moi", je ne sais pas tout simplement déposer le monde au seuil de rien, j'entre chargé, j'entre avec mon armée, les chiens dans ma tête ne font que faire la sieste. Je ne sais pas recoudre la barrière. Alors le vent emporte tout, la sueur de l'effort comme le reste, en pluie battante et collante.

C'est comme une tristesse qui fait du bien on se demande pas qui on blesse ni qui on oppresse on laisse juste défiler le temps assez pour l'oubli, assez pour écraser une araignée sur un mur et s'endormir dans un endroit sûr sans crainte d'une morsure, que les passions soient froides ou qu'elles brûlent elles seront là comme à chaque fois comme toujours comme à chaque instant de la douleur de vivre du plaisir d'être vivant juste le temps d'un petit meurtre de plus une trace de sang et quelques pattes sur un mur blanc cela s'appelle le présent tout ce que je regrette n'a pas lieu d'être n'a pas d'avenir dans le présent juste un mois d'Août dans le présent juste un amour de la vacance d'une vie entière pour ne garder que la chance de rester entier de marcher pour avancer courir pour ne pas mourir et se jeter à cheval sur le cheval pour un vrai galop d'animal un cataclop, un kata de clopes un coeur en cloque brûlé d'encens fumant la bonne odeur d'un vrai regard du jeu dangereux de l'essai sans filet, je vais mordre la croupe et la coupe est pleine d'une nouvelle troupe.
Adieu les chiens.
Vivement qu'on soit vieux, qu'on crève et qu'on se barre d'ici. Vivement qu'on soit deux, qu'on s'enlève et qu'on s'allonge sur le corps d'un ours, de toutes nos pattes, dans un fumet sauvage et envoûtant, vivement l'eau vive qui jamais ne ment, vivement la boue qui nous protège, nous fera renaître, arrêter de paître arrêter de humer sans sentir, de fumer sans mourir, de vivre comme une cendre, au gré d'un feux, ou d'un vent de dispersion totale, fatale, vivement qu'on se mette à table, avec des ours, des chiens, des anges nègres à coup de tambours, que l'on mange du velours plein d'épines comme pain d'épices, des bâtons de piment, des paquets d'orages en kilos d'oranges, la pluie sur la montagne et moi je m'en vais, vivement que je m'en vais, pour aller là où je vais, depuis le jour où tout se vit sans moi, sans elle et sans regrets pour un monde de vide pour une pluie acide, pour des lendemains d'étain, gris de pluie et de bouteilles vertes et pas mures. Depuis que tout est comme ça c'est de ce puis que le fou ne se croit pas, il jette un seau et attend le bruit de l'eau, il remonte ses pierres, ses prières, son bagne de Cayene, ses murs et ses artères pleines de pluie tropicale, bien trop piquante, les racines en boufferont l'histoire, la liane emprisonnera mieux que le fer la joie et toutes les larmes, une bataille sans armes, une rivale sans âme, une trachée sans l'art sur la terre, et tout va ruisseler de bonheur dans un dur labeur, les mains saignent de joie, et j'en pète à chaque fois, d'un anus spatial, infini de bruit, déroutant sans route, pétaradant le doute, vas-y mon gars, c'est sur que tout ne te crois pas, mais mange ton pain, mange ton lendemain, il est cuit à point, tout chaud pour rien, pour tout, pour abattre la quête appartenir à une bête, enjamber le parapet avec toupet, pour péter et péter encore, plus haut que son obus, plus haut que ton propre but, pour augmenter le score, de toutes les scories, ses spores, en toute ironie je t'adore, il va falloir s'en charger jusqu'aux cou, et puis faire rien du tout, juste se laisser hâler sur le rivage, se laisser râler depuis le fond des âges, le fond des singes, les amis des chiens, les chiens ça revient, ça revient à rien ça revient quand même. Ca hurle dans ma tête, pourtant j'aime les chiens, j'aime les ours et tout ce qui pue, tout ce qui me ressemble de beauté et de meurtre, sans s'ensanglanter de sangles et de sanglots liés, sans voir dans la nuit, sans voir le jour, sans voir les autres chiens, bien nourris, bien peignés, même pas ils puent, transparents ils hurlent du PQ, qu'on se torche avec, qu'on en remplisse notre fosse de scepticisme, on y croit qu'il n'existent même pas, puis on jette tout aux chiens, les vrais du destin, ceux gravés dans la pierre, à coup de cailloux.
Il n'y a pas de festin sans appetit, pas de gerbe sans histoire à dormir de bourre, pas d'enclumes sans un coup de marteau pour lui donner du sens, pas de flamenco sans le matin de brume et de rosée, si beau qu'il en est si dur de pleurer, il n'y a rien en soi qui meurt, qui vive sans labeur, sauf moi mes mains et ta peau, si loin d'un coeur moisi par tout ce qui est beau, du crâne moisi et de ses ruines sur le sable, de ses rimes maussades, de ce qui bruisse dans un vent tiède.
la musique des blacks sonne fort par les portières et la pluie se déplace emportant la matière car on ne sait que dire quand on finit d'écrire pour recommencer à vivre même si tout de suite on a soif des mots soif de transcrire soif de savoir si les choses résistent au vocable ce que l'on pense pourrait sonner si faux dans la bouche qu'il faudrait se taire ou alors bouffer de la moule à pleines dents, et ne plus avoir peur de l'hépatite, des algues toxiques, à plein cargo bouffons de la moule rentrons dans le lard.
Cette femme j'en ai toujours rêvé et on s'aperçois que l'on a autant de rêves que de gens qui nous plaisent, que d'aventure qui se présente là, évidente et ardente, va savoir demain tout le monde y croit, une évidence pour tous, ça rayonne, ça va loin direct, ça enfonce tous les clous d'un coup et ça se reluque en souriant, et alors? Tout pétille tout va péter tout sera tro bien, tout ira trop loin, pour de bon.
Le lâcher prise est une force étrange inégale de chaque matin, je lâche une brise je prend le vent tout s'habille et gonfle ses voiles, je comprend toutes ces choses qui ne servent plus à rien, juste à naviguer serein dans la mer de ses yeux. Enfin un monde nouveau dans un monde que je connais, où je ne suis pas l'étranger je n'ai pas peur, je me sens bien. C'est hier la douleur et un demain de caravane m'emporte vers mon destin, je suis un homme libre, je ne sais pas trop encore le vivre, et tout démarre et tout s'enchaîne et tout se déchaîne tranquille, de chaque jour une pierre, chaque jour une envie, les mots s'en vont, se font bateaux, se font péniches à gravier, mornes bonheurs, fleuves sans surprises que tout le monde viaduque sans plus d'attention.
Mais les mots se retrouvent et s'entrechoquent, il ne faut jamais parler de mémoire avant son lit de mort car même sans les mots la mémoire est sans pitié, et si les mots reviennent ce sont des vies qui s'éffacent, la mémoire d'hier écrasée par la nouvelle, avec les mots d'aujourd'hui, sans résnnance, hurlant pus fort et plus loin, plus vrai peut-être, dans la vérité de l'instant, la seule vivable sur terre. Fermer les yeux ne plus penser, laisser ma bouche à la poursuite de ses lèvres, l'embrasser des heures, ne plus penser, laisser mes mains se plonger de délicatesse sur le grain si fin de sa peau, ses fesses, elle est là, je regarde tout autour il n'y a pas de caméra, personne ne nous regarde, ni elle ni moi, nous sommes libres elle est là et moi aussi, reunis par le silence, pour une fois, les mots l'ont dans le cul.
Il fait si beau sur Bruxelles la mémoire et les mots en avaient fait la capitale la plus sinistre de la terre, la mémoire et les mots fondent au soleil de l'été indien au pays de la frite. Même ce carnet se ramollit dans tout ce qui est écrit, il y a des pies partout en ce terrain vague de Belgique où comme chaque jour la musique roumaine envahis la place, le chapiteau comme une couronne est la comme un château, toute sa vie autour, je parle aux chevaux, ils ne me répondent rien, leurs yeux sont de vraies planètes d'un noir sans pupille, avec eux je ne suis pas une bête, juste un idiot du bout des doigts, comme avec elle parfois, en vacance d'intention, juste tendre une main et se taire. Les mots n'ont plus prise, juste sortis les deux doigts de la prise, je cesse de tout détruire.
Mais la nuit reste l'ennemi, le rêve son complice et tout peut encore t'abandonner, le sommeil en premier, un coup de mémoire de six heures du mat je pisse dans le seau et je ne comprend pas la trace d'hier, si c'était moi ou un autre, lequel de mes moi peut-on aimer pour me connaître si peu et me haïr autant. Je voudrai ne plus chercher, ne plus savoir qui j'était ce jour là, le jour où elle c'est mise à croire en moi. Je l'ai cherché longtemps celui-là, celui qu'elle aimait, Je l'ai cherché autant qu'elle, je ne le connais pas.
Prédateur je traque dans chaque tronçon chaque recoin, la mémoire, là tapie oeuvrant dans l'ombre, surprise elle se fait hypocrite s'habille d'arrangements et de raisons, toutes celles que tu n'aurais pas vu sans le temps qui passe, elle t'embobine que peut-être y étais-tu aussi, toi, dans cette vie, ces souvenirs gardés comme des économies de petit vieux par tes neurones engoissés de la peur du vide, d'être ou ne pas être sans tout ce merdier, la programmation, les trous dans le papier musique de l'orgue de barbaque qui pense pour mieux saigner. Je chasse armé de rien, devant le rien le neurone s'éteint, le rien l'ennemi de la mémoire, tout n'est rien, seul compte demain, je ferai brûler le papier d'harmonie et tout ira bien. Je chasse et j'extermine il parait que c'est moi la vermine, je ferais revivre bien d'autres animaux, un troupeau de chevaux, des oiseaux par centaine, je referais pousser des graines, des chèvres et des abeilles, couler des ruisseaux à ses pieds étoilés. LÒÒa mémoire et le présent ne feront qu'un, une vie sans les mots pour s'en souvenir, mais des mots de tous les jours pour en jouir.

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"Il n'est pas de fardeau que je ne puisse poser chaque soir. Chaque matin renaissent mas deux poings." (Mano Solo)

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