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LA NUIT DES ROMAINS ( ou LES ENFANTS PAÏENS )

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LA NUIT DES ROMAINS

Ecriture automatique.
Il y a des lunes sans bruit, des bruit dans la brume, il y a des chats noirs avec un point blanc, c'est une nuit. c'est la nuit où tu es partie

Barbara. Je ne sais pas laquelle, tu es partie tant de fois Barbara. Tu pars toutes les nuits de ma vie, il y a des brouettes qui grincent remplies de noir, de rouge et de mes mains sur ton corps, qui se drape de vent dans le courant d'air léchant les autolyses d'un aveu profond, un aveu Cesar sans le laurier pourtant j'y suis en ce jardin la nuit, à ne pas lâcher l'affaire, extirper les lianes de la terre pour me pendre, à ton cou.
Je n'ai rien pendu du tout, à part peut être quelques inutiles avions qu'on attrape au vol ou en pleine gueule, je n'ai pas vendu d'ours qu'on attrape avec un appeau, je suis bien trop amer-amer pour ça, faut-il que je le dise, tu le sais Barbara la croûte céleste nous choucroute les fesses, avec des bigoudis de plomb, retournés en hameçons. Faut-il que je précise Barbara que je me gymnastique les bras que je mouline la gonade gauche en clignotant, si je trébuche en ravivant mon ravin il me faut une hache et des épées de plastique doré, sans me défendre, et la nuit reviens.
Barbara c'est la nuit où tu t'en vas, je met mes cendres par terre car je recommence à fulminer, quand tu passeras par là, jettes les dans une poubelle du père lachaise, ça fera de la litière aux chats noirs avec des points blancs. La nuit alors me redonnera corps en poisson-zebre tuberculeux, juste à peine venimeux, tu ne pourras que mourir d'amour enchaînée à l'idée de remplir mes stries pour en faire des voiles et c'est moi qui souffle et c'est toi qui t'en vas. Vogue Barbara d'auto tampon en train de la mort, vogue Barbara en Titanique à pédale, je t'emmène dans tous les clous qui dérivent, pour descendre des fleuves en cavale, des fleuves en pierre de nuit luisante de pétrole qui n'attend que toi, ton geste, ta parole et ton étincelle. Bien sur je n'ai pas pris d'assurance Barbara le risque de homard de toutes ses pinces nous bousculera sans doute, avec conviction et certitude, d'une lampée de fraîcheur à l'autre, en Aladins qui se baladent les mains dans les roches, les poings dans les poches. Tu auras le choix Barbara pour me fuir, de milliers de tapis roulants dans tous les sens et si tu leur demande aucun ne revient Barbara, ils sont à toi. Ne va pas croire qu'ils valent un chien, car leur regard ne te dira rien, c'est sur que tu te débarrasse des poils dans ton demain. Moi j'en fait des brosses à recuire à coup de crosses sans m'enfuir, je reste là dans la nuit, je reste là, dans la nuit où tu t'en vas. C'est le lit qui recule comment veut tu que j'ouvre son opercule afin de plonger dans ses ressors voir rebondir la machine à fabriquer mes tors , comment veux tu que je m'y torche de feu, de l'anus au bord des yeux c'est un jeu qui va bien aux abrutis qui s'en souviennent qui ont de la chance d'avoir des veines, les abrutis aux mains pleines de magie dans un instant de répit du bonheur de ne rien connaître de la nuit Barbara, celle où tu t'en vas. Y'en a plein les rues de moi de nous de vous, y'en a plein les crues du Rhône quand les hérons sur une patte pissent sur ton sillage en crachant des bouts de crapauds, des bouts d'oripeaux lambeaux de peau horribles à boire, horribles à croire, y'en à plein les crues de la Saône quand la glace t'arrive en avalanche mouillée de pavé trop carrés pour être honnêtes. J'ai faim cette fois, j'ai faim je crois, manger la nuit, manger le pied de la table pour remettre le couvert au fond des bois pour y retrouver le renard, sa queue de feu pénétrant la tanière. Un kilt et une théière ce sera l'heure du Ché, pour un peloton d'indigestion, une étoile rouge dans la nuit noire Barbara, une étoile rouge dans ton oeil noir Barbara. 01h 52. Il me vient de comprendre qu'il me suffit de l'écrire, mais que je n'ai pas besoin du messager, à moins qu'il chausse ses enclumes de patins, pour mieux glisser sur ton parquet ciré, comme un prof de cri avalant sa pente à grand coup de bâtons, j'ai faim cette fois, enfin je le crois, j'ai peut être sommeil aussi, je peux être assis là sans te croire, une éternité Barbara, une éternité noire de suie à fumer du Van Gogh sans oreiller, sans araignée, sans rechigner, tous mes sens interdits baignant dans le brouillard, la bruine au talon d'acide. Aimer c'est la nuit des romains qui nous bombardent d'aqueducs, où coule et nous inonde un pus malfaisant. De tous les chemins romains sont parties les oreilles, sans qu'aucune ne revint, aucune jamais pareille, pareille au même, toujours le même, ce n'était pas moi, ce n'était pas Rome c'était la nuit, juste la nuit des Romains. La nuit des Romains ça va ça vient, ça détruit tout puis ça revient. Ca laisse des traces comme des pavés partout, mes monticules de ruines pour deux mille ans, des coeurs qui saignent depuis tout autant. La nuit de Rome est toute frisée du sang des espoirs et de la littérature brisée. Si c'est un clin d'oeil de cyclope Hulysse débande, plus tard César éructe, depuis la Rome antique fume des clopes au pied d'une monnaie païenne. De Collisée en cols roulés les voies Romaines sont impénétrées bouffées par la vigne, le sang des drogués, le sang des horreurs du monde, de la violence d'un peuple, c'est la nuit de Rome, ce n'est qu'un poulet que l'on égorge au nom de de la lame et du droit de l'être. C'est la nuit des enfants Romains, les enfant c'est comme la pluie, ça coule sur toi puis ça s'en va, ça laisse juste des traînées blanches sur la crasse de ta peau, comme des ravins blancs, si on creuse c'est rouge. Les enfants païens ça colle aux pieds, ça colle au coeur, ça se colle et stérole, ça pue, ça moisit dans leur bouche de ne pas sourire. Comme des cafards t'en écrase un et dix en renaissent, la nuit résonne des pas de leur armée, les enfants païens avec six pattes, pour le loisir d'en perdre en route, articulation par articulation les enfants païens rampent dans la nuit de Rome sur tous les chemins qui mènent aux hommes. Ecrire et s'écrier du cri de l'écrit c'est lancer des oiseaux dans la nuit, pour qu'ils se perdent en route et nous bombardent aux quatre vents. Si c'est de la fiente ouvre ton oeil gauche, j'irais tout droit jusqu'à ton esprit, comme un oiseau qui pêche. Si ta cité m'engloutit, aux fond de ses eaux je me perdrai enfin, nouveau né pour une nouvelle fin. Toi et moi dans la nuit de Rome, deux pièces de monnaie sur le sol battu, pour un syndrome chinois, jusqu'au coeur des flammes. C'est la nuit des Romains Barbara, où tu t'évades de la paume de mes mains, où tu te transformes en sable, à travers la grille de mes doigts, tu rejoindra la plage et la mer, le berceau de la vie, sans plus penser qu'avant le désert y était aussi. Mais c'est vrai, on épluche pas les scorpions pour y découvrir des nageoires, le scorpion va de son chemin de crabe et il ne se tient pas assez haut sur ses pattes pour être suivit de son ombre. Les serpents se tordent d'en rire sur son passage, se contentant de siffler car ils ne peuvent jeter des tomates, mais si le scorpion se retourne en brandissant le poison de sa queue, ils rampent, les serpents, tout à coup très obséquieux. Mais tu es déjà loin Barbara, de liane en liane de tes sandales Romaines, surfant sur ton armure de cuivre et taillant la jungle de ton glaive blanc comme un linge, immaculé d'innocence, maculé de tout ton bon sens, ta raison de permafrost d'où émergent des défenses de mammouth. Il faut de l'ivoire pour y croire, faut-il se laisser mourir afin de se faire sculpter la bouche, transformer ses caries en oeuvre d'art, en bague au doigt pour rombières allégées. Mais la nuit tombe sur la question, les usines d'enclumes ne manufacturent pas d'épées, Merlin est en plein chantier. La nuit des légendes s'agite des rouages de Léonard qui devient soucis, les machines de guerre éternuent dans le génie, comme des gouttes de merde tombant du ciel, les idées fusent et s'enfuient, devenues folles elles se ridiculisent dans une autolyse salutaire et nauséabonde. Je vais remettre mon chapeau, et retrouver la peinture d'Hélion, m'allonger devant une boulangerie et respirer le pain chaud dans la nuit. Il y a des pétrins dont on sort grandis. Même si c'est rouge ce n'est pas du sang. Juste une cerise sur le gâteau, quand pour d'autre on bouffe du râteau. Jésus bouffe sa croix sans beurre, assis en tailleur sur une planche à clous, c'est sur il ramasse plus de sous. La nuit les mots se perdent en odeurs ménagères, de vieux ragoûts oubliés par même leur fond de casseroles qui s'y prennent comme des manches armés de couverts en plastique le coeur comme une passoire. Les orgies ont bâclé leur plaisir en voulant tout écrire plus rien ne s'est vécu, ils ne virent même plus leur cul dans le noir de la nuit et tout fut entassé dans la mythologie. Dans la nuit les Romains sont partis, emportant leur empire pour en fuir le pire, emportant tous leurs biens pour répandre le mal. Par colonnes ils se sont marchés sur les talons, perdant leurs sandales par millier, c'est toute l'Europe qui résonne de leur musique quand bientôt leurs excréments claudiquent, entre leurs doigts de pieds sur un chemin de purin. Des kilomètres de fange se voient naître, abandonnés par les anges et surtout par leur maître, elle resteront là pour guider l'Histoire, des voies sans voix, dure et bien sèches, des étrons magnifiques polis par les pas de millions de pèlerins, qui sont devenues les bases du monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Chaque borne est un enfant violé qui aura laissé là, pour toujours, son petit tas de compassion pour lui-même, il n'en aura pas besoin, on emporte juste ce qui se mange. Les louves ne sont pas des citernes, et si c'est tout un peuple qui tète elles finissent par mordre, il furent des milliers à mourir de peur en faisant la queue, on pouvait voir si loin la lueur de leur feux, qu'ils tombèrent comme des mouches sans que l'on en ait plein les yeux. C'est la nuit des Romains où les cadavres ne se plaignent même plus qu'on leur marche dessus, pour un peu ils diraient merci, repassez donc à l'occasion j'ai deux trois asticots derrière les fagots. C'est avec eux que je parle de toi, il y en a tant que la nuit y passe, à moins qu'elle ne m'attende, je n'en suis pas sur, mais il est vrai que le jour se fait rare. Il faut que j'y pense mais j'en ai peur, la nuit est une vie entière qui me suit, chargé de sa misère elle ricane des relents de trous noirs, où s'engouffrent sans histoire, toute histoire et même plus. l'eau est noire de cet océan indien sur le sentier de la guerre, les oiseaux de nuits sont chauves et sourient, les rochers sont en pain mais on ne voit rien. C'est toute la peau pour sentir le vent que les Romains nous ont pris, et nos yeux n'ont pas plus trouvés d'abri. Alors le noir est toute une vie. La fumée est un couteau, pour tailler des colombes dans le rideau, des trous blancs en forme d'oiseau, mais il s'effritent à ton approche. Les oiseaux c'est trouillards et la fumée se mue en brouillard, on n'y voit plus que le noir. Ils se posent dans l'herbe sans voir que c'est du gazon, arrosés de bave d'innocence ils se font arracher les ailes par les tondeuses automatique. Aucune pitié dans leur logique elle sculpteront la Toscane en Poliakof, elles y plantent des têtes de spartiates, ça pousse pas, ça pourrit mais le haume reste, de tout son panache il décore la campagne, ainsi docile, silencieuse et grave. Sous chaque pas nous marchons sur des morts, ils nous remplissent la bouche chaque matin d'une moquette de souvenirs venant se faire langoustiner dans un café brûlant et gazer, poilu de 14, par la fumée Marocaine. Fumer de la mort n'est pas plus original que de manger du vivant, on fait ça tous les jours, et ça fait des point rouges dans la nuit, ou des points rouges sur la peau, le rouge est partout Barbara, c'est la tunique des ensanglantés, des ensanglanteurs, du monde entier, la terre est bien plus rouge que Mars. Les Phocéens, sceptiques se sont trop fait mener en bateau, ils méditent la terre année par année, l'eau devenue rouge aussi a été jusqu'à les oublier. De tous ses rivages elle vint se doter d'une fange de boue amnésique comme un collier de dentelle de merde. On s'y bastonne jusqu'aux genoux, pieds nus dans des tranchées plantées de bottes sucées, de Napoléon à Mussolini y'en a pour tous les goûts, tous les dégoûts, toutes les erreurs, toutes les douleurs. Seul les brocantiers feront leurs affaires, venant récupérer les dentiers encore garnis de quelques lambeaux de chair, et si la fortune leur a laissé un mégot ils feront une pause à la santé du rouge, à la santé de l'histoire, de toutes les boues qui essayent vainement de se tenir debout, dérisoires soldats chinois, bouffés par les vagues du rouge, qui chaque fois reviendront, ils basculeront dans la couleur. Ils n'entendront plus rien, c'est la nuit où on entend rien, les bouches se tordent, les postillons s'épanouissent d'une pluie acide, mais rien ne sonne, la nuit étouffe la moindre parole, comme une main sur ta bouche, qui va jusqu'à te boucher le nez, pour que tu ne sentes pas la mort venir. La nuit c'est ça. Juste une succession de pragmatismes odieux, que l'on se cale sous nos pieds bôts pour enfin se tenir droit comme une cible, et le couloir de la nuit se remplit de vaches ou d'éléphants. Alors c'est tout qui te passe à travers, sans que rien ne te touche, la nuit, les gens, leurs os, leur merde, leurs enfants. Ce n'est qu'un jour où tu comprend que l'éléphant t'a piétiné. Ce jour s'appelle la nuit Barbara. La nuit est en feu pour que tu me voies, la ville dort pour me laisser parler, la foule nous frole de son parfum de labeur, de sa sueur implacable, le cadeau de Dieu. Et quand j'attise le bûcher tu ne peux m'aimer, couvert d'or que je suis, tu ne vois qu'une ville en flammes à mes pieds. Les Romains ne sont plus ce qu'ils étaient, il fût un temps où ils m'auraient dévalisés, ramonés de toute une armée rouge et or, assaillis de tous pores à coup de glaives pour se repaître de mon coeur en éructant. Rome s'éfrite dans la nuit. Rome toute petite, dure comme toutes ses pierres, monte des murs sans mortier, comme autant de paravents chinois, pour réecrire de tous ses membres une philosophie de courant d'air, à lire avec la peau. Il n'est plus besoin de détruire il suffit de nier. Et c'est tout un monde qui disparait, nouveau sujet du néant. Immobile la terre laissera son ombre d'un seul coté, sur l'autre bombardé de lumière l'humanité des barbares disparaitra de par leur yeux brulés, ils ne se verront plus. Alors la nuit s'installe et prend corps. Un corps de liane, un corps de fouet. La nuit claque et se repréparre à l'attaque. La nuit n'est qu'une cohorte de forces en convergences qui ne savent pas qu'un destin les attend. Chaque matin de nuit les réunit, moisson d'un temps noir, chaque demain de nuit viendra les rejoindre. Rome se love et se relouve et tous les chiens le sentent. Emue, l'émeute éclate au seins de la meute, il n'en restera qu'un, ses blessures embaumant la nuit. Le reste du monde, lui s'est plié. Une par une il jette ses clefs, le monde est au pieds de la nuit, à genoux dans un rictus béat. C'est un monde qui vient de naître, peuplé de hiboux joyeux, nictalopes appliqués qui de leurs sourires éclairent sa majesté. Les murs blancs de Rome finirent par s'enfuir par milliers en s'étirant comme des chaussettes à travers la campagne, même les murs avaient peur de ce qu'ils étaient en train de construire. Ils en devinrent de plus en plus pâles jusqu'à devenir des fantômes de nuit, enfermant les animaux dans des labyrinthes de frayeurs. La nuit chassera chaque battement de souris jusqu'aux chiottes comme un Poutine ses Tchetchenes, il n'en restera rien. Juste un chien en sang dans le noir, dans sa niche de douleur, debout dans le noir à sentir la vie s'en aller. Tu sais que j'aime les chiens Barbara. Rome ne pourra pas tuer le dernier sans que je ne sorte de la fournaise pour la combattre. De toute la face du monde noir les murs de Rome s'étendirent comme du lierre, figeant dans leurs pierres autant d'Icare et de Minotaures. Une lave blanche et froide de craie ramone le monde noir pour finir par se rencontrer elle-même, tourner en rond dans un typhon de cataclysme, mais la terre n'en veut pas dans ses entrailles. Tout se fige et Rome pleure. Des fleuves de haine et d'incomprehension, pendant 400 jours de nuit. La craie s'en ramollira et finira par fondre comme du sucre, révêlant tous ses cadavres en un guano puant sur des kilomètres. Rome finit par ne plus se voir que par terre, la tête à l'envers, dans le reflet de sa misère. Elle eut un vertige devant les vestiges de tout ce qu'elle avait pu aimer, devant son nouveau prestige avec plus personne pour l'adorer. Le silence fut alors le meilleur ami de Rome, froid comme un suaire il prit le pouvoir. Dans son treillis de camouflage les armes blanches se font bronzer, elles se feront belles pour l'été, et iront chasser les myocardes en s'éguisant le fil sur les galets. Y'a pas plus bavard qu'une lame de couteau, toujours dans le vif du sujet, elle taille la bavette, tranche de son point de vue, ce qui a le don d'énerver Damocles.
la nuit tombe pour toujours, sans savoir si ce qui importait le plus c'était rome ou les romains, l'aube s'est dissoute en chaque survivant, tristement devenue grise, elle ne pleure plus d'aucune rosée, elle se fane au fond du coeur d'un chien, ensanglantée dans le noir d'une pensée...