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Les coquelicots - Fabrice Nicolino

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"Attention, commence ce jour une course de fond qui pourrait durer deux ans, mobiliser des pans entiers de la société française. Cet appel des coquelicots que publie Charlie est aussi l'Appel des 100, car il est signé ce jour par 100 personnes inconnues du public. Il a été préparé par une toute nouvelle association - Nous voulons des coquelicots - faite d'une quinzaine de bénévoles sans un sou en poche. Je dois l'avouer, j'en suis le président. Il va de soi que Charlie soutient de toutes ses petites forces, car en effet, c'est maintenant ou probablement jamais.
L'objectif, cinglé, est de réunir au moins 5 millions de soutiens en deux ans d'une mobilisation intense. Charlie ne peut livrer in extenso la liste des 100, faute de place. On peut la retrouver sur nousvoulonsdescoquelicots.fr, mais il faut quand même en dire un mot. On n'y verra aucune tête de gondole, car il ne s'agit pas d'une énième pétition, mais d'un soulèvement pacifique, qui obligent ceux qui soutiennent à agir. Les 100, répartis dans toute la France, sont comme un miroir tendu à toute la société, pour lui crier d'agir à son tour. On y trouve autant de femmes que d'hommes, des ouvriers agricoles comme des architectes, des apiculteurs ou des professeurs, des menuisiers, des maraîchers, des imprimeurs, des retraités et même une costumière de 19 ans.
Cette bagarre qui commence aura son emblème, qui est un cri de ralliement : un coquelicot en tissu de récupération, fabriqué dans un atelier d'insertion de la banlieue parisienne. Il dispose d'un système d'attache qui permettra de l'arborer à la boutonnière et de se faire remarquer dans la rue. Et il est très ebau, au point que Charlie en glissera un dans une partie des journaux de la semaine, qui seront vendus pour l'occasion à 5 euros. Faites pas les radins, la cause est noble. Si tout se passe comme prévu, mais ça n'arrive jamais, ce coquelicot devrait jouer le même rôle que la petite main de SOS Racisme il y a trente ans. C'est en effet un emblème, une bannière, un signe de ralliement.
Les porteurs de cocardes se pavaneront avec chaque mois, le même jour et à la même heure, sur les places des villes et villages où ils habitent. Chaque mois ? La campagne des coquelicots suscitera donc 24 rendez-vous. Les organisateurs espèrent 10 personnes la première fois et 1 million ou plus à la fin.
Ce n'est donc pas un feu de paille, mais une course de fond au cours de laquelle pourraient naître des milliers d'événements façon téléthon antipesticides, entraînant aussi bien les pompiers bénévoles de Montélimar que les joueurs de belote de Nanterre, les amicales de locataires de Pau que les puéricultrices d'Arras. En clair, il s'agit de sortir du ghetto habituel et de se jeter à la rencontre de la société réelle, avec ses limites et ses défauts.
Comme on verra ci-contre [reproduit dans le précédent post], l'Appel lui-même est rédigé de telle façon que n'importe qui d'un peu éveillé au monde peut le signer en compagnie de son chien. Et de son perroquet, car il en reste encore quelques uns.
A ce stade, de nombreuses associations soutiennent déjà, comme France Nature Environnement, la Frappa, Bretagne vivante, Eau et Rivières de Bretagne, la fête de la Vache nantaise, les Amis de la Terre, GoodPlanet, Biocoop, Greenpeace, Féminin Pluriel, l'Appel des 1200 généralistes, Femmes d'avenir, la LPO, les Amaps, les Colibris, Générations Futures, l'Unaf - les apiculteurs -, Pax Christi, Nature et Progrès, etc. Et parmi les personnalités, des gens attendus et d'autres moins, comme l'évêque de Troyes Marc Stenger ou Didier Robillard, président de France Parkinson; Il y aura aussi quelques surprises, comme une chanson en préparation, composée par quelqu'un de connu.
L'association, donc je suis donc, insiste sur ce point : aucun politique n'a été ni ne sera démarché. Les politiques, on a vu. Place à la société. Sans toi, mon cher lecteur de Charlie, cet Appel prendra tôt ou tard la poussière. Et avec toi, il pourrait bien surprendre son monde. En tout cas, et je n'engage que moi, si tu ne fais rien, comme d'habitude, ne viens pas te plaindre que tout va mal. Car désormais, tout peut aller mieux"

Fabrice Nicolino