[une photo - des histoires] Jeu créatif : La règle est simple. Voici une photo, écrivez-nous l(es )'histoire(s) qu'elle vous inspire. Il n'y a pas de vainqueur, pas de prix. Aucune contrainte.
à vous de jouer !
excuse mon commentaire devait venir après le tien, c'était plus logique .. donc faudra lire "dessous" et pas "dessus" dans ma phrase "les hypothèses du dessus"..
heu.. "les hypothèses du dessous" quoi.. bref!
Bon allez, plus sérieusement, c'était sympa ce que tu as écrit, vraiment j'aime bien
C'était l'instant d'après le châtiment, quand les dieux de Platon avaient punis les hommes en les coupant en deux. Où était la moitié dont on l'avait privée ? Une heure avant encore il était dans son dos, collé à son destin tout autant qu'à sa peau. Une heure avant encore, sur la terre des Hommes, tous les êtres étaient deux, aucun n'allait jamais sans un alter ego. Et puis le châtiment était tombé d'en-haut. Un éclair les frappa. La pluie tomba en trombes, qui les assomma tous. Quand elle se réveilla, elle était allongée sur le dos. Le silence autour était des plus profond. Elle comprit tout de suite, et se sentit si seule que son premier réflexe fut de se relever et de courir, courir, pour la retrouver au plus vite, cette autre partie d'elle dont on l'avait privée. Et dans sa course folle, elle arriva bientôt sur les berges d'un torrent qui coupait la forêt. Il y avait là de l'eau, des rapides puissants, un flux inexorable conduisant jusqu'aux chutes. Elle aurait dû savoir que le petit canot ne résisterait pas aux forces du torrent. Peut-être bien, en fait, que dans son désespoir, elle le savait d'ailleurs. Mais elle était si seule, elle était si perdue, qu'elle l'emprunta quand même et puis se mit à l'eau. Il y avait eu de l'eau suivie d'un grand tumulte, l'apparition soudain de très nombreux cailloux. Le courant l'emportait,changeant son désespoir en une grande euphorie. Le torrent violent l'avait interpellée. Elle devinait les chutes, les chutes droit devant, les chutes qui happaient tous les êtres vivants. Au lieu de l'effrayer, cela l'avait grisée. Quand ses rames cassèrent, la vitesse était folle. Le grondement profond vrillait dans ses tympans. Les chutes étaient tout près... Et le flot, très bientôt, se changea en un monstre. Le canot explosa sous la force démente. Elle fut propulsée dans la gueule des chutes. Son corps subit les chocs, elle se crut démembrée. Elle roula, tourna, se tordit en tous sens, ses poumons se vidant chaque fois un peu plus. La force d'attraction de la chute était telle qu'au bout d'un court instant, elle se sentit mourir. Pourtant, quand elle ouvrit les yeux, elle était bien vivante au cœur de la cascade. Des pierres la cognaient, la matraquaient partout. Et puis en un éclair, après les tourbillons, la douleur de la chute s'arrêta brusquement. Elle ne sut pas comment expliquer ce miracle, mais au bout d'un instant l'eau l'avait relâchée. Elle en ouvrit la bouche et recracha de l'eau, l'air qui y pénétrait défroissait ses poumons. La lumière vint d'abord lui brûler les rétines, alors elle prit ses mains pour mieux se protéger... Les chutes dans son dos continuaient de vrombir, mais elle ne savait plus ce qu'elle y avait fait. Elle venait d'oublier le temps béni des dieux où les Hommes naissaient collés à leurs moitiés.
Revenue de Venise, elle ne voit plus rien, revenue de vacances, elle en oublie le monde, le ciel pleure sur elle comme un accord avec son cœur, la chaleur du jour est une sentence, l'étouffe le climat d'habitude, elle n'a plus la retenue nécessaire pour faire absence, alors viennent les larmes comme des troupes inattendues, comme des guerriers de derniers ressorts, trois jours de tropiques libres ont fini d'ouvrir sa résonance.
Elle doit changer de vie, d'amants, d'appartenance, c'est cela le tonnerre qui la noie.
Tout un brouhaha inaccoutumée la perce.
Rupture, aller ailleurs dans une ville voisine, une contrée neuve où siffleront des oiseaux exotiques dans des couleurs de terres.
La pluie qui vient au présent lui fait vivre une transparence de sentiments.
Sa bouche ouverte dit le malheur muet des remue- ménage dantesques.
Fragile, émouvante, elle plante là sa face défaite pour mieux vivre demain d'une nouvelle peau cette mue d'elle même.
Elle quitte son ancienneté.
Sa conscience d'un éclat la chavire au corps, il est dit que rien ne se tait jamais et tant pis si cette crise dure.
Elle s'ouvre en elle, comme d'une fontaine de jouvence et comme un enfant remis, elle ira bientôt mieux déterminée et détachée comme un soldat sauvé d'une guerre perdue qu'elle pensait gagner.
L'armistice qu'elle découvre achève la combattante éprouvée.
Elle va se mutiner pour s'offrir en fille des jours de bonheur en volonté de femme.
Et pour cela de l'eau doit couler de ses yeux et ruisselle sur ses joues les deuils des amertumes mortes.
Le passé la traverse d'images bouleversantes.
Elle se doit d'un abandon, comme une valeur nouvelle.
Elle ira courir vers lui qui lui parle à peine et si bien, d'une courtoisie touristique, elle s'ancre dans la vision des yeux. Des vivacités l'invite et tandis qu'elle songe drue sous le coup de l'eau qui glisse, meurt en elle des années d'errances comme si un vent soudain la libéré d'un instant.
Ici dans un jardin publique désertée pour l'heure et la méteo, elle sanglote de tout son saoul le chagrin qui passe de vivre de si peu.
Ses mains sur ses yeux closent un lieu qui doit s'évanouir
Commentaires
Aprés un grand plongeon et
sam, 28/07/2012 - 18:21 — diditoonAprés un grand plongeon et une imértion trop longue,
la vie lui pique les yeux,.... ou peux être.....
peux être qu'elle veux pas voir la mort
Ptet qu'un malade mental lui a collé ces mains sur le visage
aprés lui avoir arraché les yeux.
Peux être,.. et oui peux être qu'elle c'est faite aspérgée
de gaz lacrimogéne pendant une manif de nudiste au Touquet
Ptet bien.
Ptet qu'elle à un gros chagrin parce que son
Jule va voir ailleur.
Ptet qu'elle vient de retrouver son chien écrasé
et qu'elle veut pas voir la scéne.
Ptet qu'elle joue simplement à cache-cache.
Ptet que c'est un automate du sacré coeur. ..
Ptet qu'elle pleure juste encore et ptet justepour rien
Enfin ptet même pas
Didi.
oup's
dim, 29/07/2012 - 00:19 — kathleenexcuse mon commentaire devait venir après le tien, c'était plus logique .. donc faudra lire "dessous" et pas "dessus" dans ma phrase "les hypothèses du dessus"..
heu.. "les hypothèses du dessous" quoi.. bref!
Bon allez, plus sérieusement, c'était sympa ce que tu as écrit, vraiment j'aime bien
kat
kathleen
ptet un orage qui tombe
dim, 29/07/2012 - 00:13 — kathleenptet un orage qui tombe enfin
après la chaleur intenable et les habits qui collent
l'eau qui fait du bien
qu'on s'étale, dans laquelle on se vautre
mais c'est ptet pas la chaleur, non, c'est ptet la douleur
il part elle s'en va
même pas ils peuvent encore s'apercevoir, ils ne se reverront sûrement jamais
la décision est mûrement reffléchie
ou obligatoire
les raisons sont, s'il le faut, injustes. Mais la réalité est belle et bien là: il elle s'en va
et d'ailleurs forcément, il pleut
ça ajoute du romanesque au truc
...
enfin moi j'dis ça..
ptet qu'elle compte jusqu'à trois
ne te retourne pas
je me cache les yeux, vas y cours mon ptit gars
on arrête mon chéri après, il pleut
oui maman un deux trois
je ne bouge pas
mais..
dans les hypothèses du dessus
beaucoup m'ont parlées, c'était pas mal, jusqu'à l'orthographe de "ptet"
j'adore
mais..
l'automate du sacré coeur, à mon avis
c'est lui
;)
kathleen
Elle en ouvrit la bouche
lun, 30/07/2012 - 14:10 — FoxC'était l'instant d'après le châtiment, quand les dieux de Platon avaient punis les hommes en les coupant en deux. Où était la moitié dont on l'avait privée ? Une heure avant encore il était dans son dos, collé à son destin tout autant qu'à sa peau. Une heure avant encore, sur la terre des Hommes, tous les êtres étaient deux, aucun n'allait jamais sans un alter ego. Et puis le châtiment était tombé d'en-haut. Un éclair les frappa. La pluie tomba en trombes, qui les assomma tous. Quand elle se réveilla, elle était allongée sur le dos. Le silence autour était des plus profond. Elle comprit tout de suite, et se sentit si seule que son premier réflexe fut de se relever et de courir, courir, pour la retrouver au plus vite, cette autre partie d'elle dont on l'avait privée. Et dans sa course folle, elle arriva bientôt sur les berges d'un torrent qui coupait la forêt. Il y avait là de l'eau, des rapides puissants, un flux inexorable conduisant jusqu'aux chutes. Elle aurait dû savoir que le petit canot ne résisterait pas aux forces du torrent. Peut-être bien, en fait, que dans son désespoir, elle le savait d'ailleurs. Mais elle était si seule, elle était si perdue, qu'elle l'emprunta quand même et puis se mit à l'eau. Il y avait eu de l'eau suivie d'un grand tumulte, l'apparition soudain de très nombreux cailloux. Le courant l'emportait,changeant son désespoir en une grande euphorie. Le torrent violent l'avait interpellée. Elle devinait les chutes, les chutes droit devant, les chutes qui happaient tous les êtres vivants. Au lieu de l'effrayer, cela l'avait grisée. Quand ses rames cassèrent, la vitesse était folle. Le grondement profond vrillait dans ses tympans. Les chutes étaient tout près... Et le flot, très bientôt, se changea en un monstre. Le canot explosa sous la force démente. Elle fut propulsée dans la gueule des chutes. Son corps subit les chocs, elle se crut démembrée. Elle roula, tourna, se tordit en tous sens, ses poumons se vidant chaque fois un peu plus. La force d'attraction de la chute était telle qu'au bout d'un court instant, elle se sentit mourir. Pourtant, quand elle ouvrit les yeux, elle était bien vivante au cœur de la cascade. Des pierres la cognaient, la matraquaient partout. Et puis en un éclair, après les tourbillons, la douleur de la chute s'arrêta brusquement. Elle ne sut pas comment expliquer ce miracle, mais au bout d'un instant l'eau l'avait relâchée. Elle en ouvrit la bouche et recracha de l'eau, l'air qui y pénétrait défroissait ses poumons. La lumière vint d'abord lui brûler les rétines, alors elle prit ses mains pour mieux se protéger... Les chutes dans son dos continuaient de vrombir, mais elle ne savait plus ce qu'elle y avait fait. Elle venait d'oublier le temps béni des dieux où les Hommes naissaient collés à leurs moitiés.
...
jeu, 16/08/2012 - 17:31 — mixl'humidité froide du vide
celle seule qui glace les os et l'âme
des larmes du ciel à la tourmente intérieure
la crudité d'une image aux couleurs de la tristesse
on se cache la vérité comme des enfants apeurés
avec cette habitude de la pensée magique
aux armes noires du bracelet d'un empire déchu
ici pas de beauté
juste la laideur de la peur
d'un futur déjà gris
et le cri muet de la douleur intérieure
un élément du triptyque de l'insagesse
et l'énergie noire du désespoir
seule sous la pluie
devant les voyeurs de la solitude
ou le masque de la comédie
le personnage en contre-plongée
la bouche savamment tordue
la tragédie mise en scène
antique
elle traverse le temps
sous nos yeux
elle traverse l'espace
pour nous donner en spectacle
l'idée du malheur
pantin devant des pantins
qui badent à l'idée des idées noires
nous sommes tous des marionnettes
et nous jouons nos propres rôles
les costumes et les décors sont de donald et roger
la mise en scène de quels dieux inconnus
et le texte de toi, moi et la musique
ceci est un vidéo-texte électronique
poésie artificielle sinon factice
comme une composition d'autrefois
racontez vos vacances
et tout le tremblement des histoires à dire
quiproquos, imbroglios, le méli-mélo des mots
et tout le pataquès des malentendus
les drames épouvantables et des histoires de famille
les petits bonheurs et les soucis
et la misère et la chance
la volonté ou la faiblesse
et le voyage sans retour de l'attente
mix
Retour
ven, 26/04/2013 - 20:23 — Vincent LAUGIERRevenue de Venise, elle ne voit plus rien, revenue de vacances, elle en oublie le monde, le ciel pleure sur elle comme un accord avec son cœur, la chaleur du jour est une sentence, l'étouffe le climat d'habitude, elle n'a plus la retenue nécessaire pour faire absence, alors viennent les larmes comme des troupes inattendues, comme des guerriers de derniers ressorts, trois jours de tropiques libres ont fini d'ouvrir sa résonance.
Elle doit changer de vie, d'amants, d'appartenance, c'est cela le tonnerre qui la noie.
Tout un brouhaha inaccoutumée la perce.
Rupture, aller ailleurs dans une ville voisine, une contrée neuve où siffleront des oiseaux exotiques dans des couleurs de terres.
La pluie qui vient au présent lui fait vivre une transparence de sentiments.
Sa bouche ouverte dit le malheur muet des remue- ménage dantesques.
Fragile, émouvante, elle plante là sa face défaite pour mieux vivre demain d'une nouvelle peau cette mue d'elle même.
Elle quitte son ancienneté.
Sa conscience d'un éclat la chavire au corps, il est dit que rien ne se tait jamais et tant pis si cette crise dure.
Elle s'ouvre en elle, comme d'une fontaine de jouvence et comme un enfant remis, elle ira bientôt mieux déterminée et détachée comme un soldat sauvé d'une guerre perdue qu'elle pensait gagner.
L'armistice qu'elle découvre achève la combattante éprouvée.
Elle va se mutiner pour s'offrir en fille des jours de bonheur en volonté de femme.
Et pour cela de l'eau doit couler de ses yeux et ruisselle sur ses joues les deuils des amertumes mortes.
Le passé la traverse d'images bouleversantes.
Elle se doit d'un abandon, comme une valeur nouvelle.
Elle ira courir vers lui qui lui parle à peine et si bien, d'une courtoisie touristique, elle s'ancre dans la vision des yeux. Des vivacités l'invite et tandis qu'elle songe drue sous le coup de l'eau qui glisse, meurt en elle des années d'errances comme si un vent soudain la libéré d'un instant.
Ici dans un jardin publique désertée pour l'heure et la méteo, elle sanglote de tout son saoul le chagrin qui passe de vivre de si peu.
Ses mains sur ses yeux closent un lieu qui doit s'évanouir
Pages