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Suite d'une île vers la ville...

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Sur Nortroc passent en écharpe les perturbations pluvieuses. Cette caillasse océane draine avec allégresse les levées de vagues et les vents prenants.
Dans la jetée protectrice flottent des coques qui ont l’art de partir au large avec volupté, avec une habileté surprenante, pourvues de marins opiniâtres aussi démontés qu’une mer furibonde.
Peu nombreuses, elles remplissent la rade de leur couleur chaude d’un bois clair qui rend doux ce monde âcre d’ombres.
Une lumière de phare, presque ailleurs dans une distance de perdition frappe de sa puissance de flash la nuit coriace où s’agitent beaucoup de choses.
Elle, elle dort dans un lit étroit grinçant, craquant comme tout ce qui vit.
Elle fait son repos, prise de rêves fulgurants.
Sèchent, pareil à des poissons du jour, des tableaux de la veille dans une pièce close en attente d’un jugement matinal.
Elle peint de fiévreux paysages marqués de contrastes fabuleux, des déserts rougis d’acier, des landes jaunis de souffre et un ciel ajouré de coton parsemé d’éclairs translucides où des cours d’eaux frémissent d’aises dans des tournures pâles et orangées où émergent des coraux cristallins.
Elle se souvient de sa venue patraque sur « La contrebande » poussée de sa voilure et d’un passé plus opaque où elle filmait toute accaparée de technique dans sa gestuelle, la dissertation volubile des gens sur leurs histoires de chocs.
Elle en a plus le goût, elle n’est plus là pour ça ; Elle n’est plus accrochée à cette trame des chamboulements divers et leurs lots de dialogues incessants avec des personnalités pressantes qui jadis lui offraient une frénésie de plaisirs, forte qu’elle était de l’engouement des facettes humaines.
C’est englouti, cela.
Des mois loin d’une ambiance passée.
Une entrée en matière dans un moment autre, une étape dans une ville vertigineuse. Elle s’était faîtes des perroquets géants tout décolorés avec des yeux d’effarés de ne pouvoir s’envoler. Lourdauds d’être en pierre, si peu vifs et forts visibles et en offuscations si manifestes, qu’une charge tellurique semblait les prendre de la tête et s’apprêter à les faire éclater semble-t-il pour tâter de l’horizon, le fut-ce que par morceaux épars et déjà mort d’eux-mêmes.
Autour d’eux, à quelques mètres des arbres ombrageux qui les couvaient, des fresques rectangulaires peinturlurées sur de grandes tables creusées s’offraient au soleil d’alors.
C’est un triptyque aux pieds bottés de plastique rose qui paresse sur un sol herbeux clairsemé de piétinements furtifs. C’est une maquette maniérée à façon.
Elle représente un avant, pendant et après tremblement de terre dans un style naïf, scandaleux de vraisemblance, où les incendies avec leur rougeoiement ont la faveur du public buveur d’images, alors que les bâtiments blancs s’inclinent dans un effacement cracheur de traînées.
Les gens gravitent d’aisance en émois légers et discordants dans leurs expressions joyeuses qui fusent sur cette construction panorama mosaïque en relief de montrer le sort promis de leur cité par tous les scientifiques qui savent que ça bouge partout mais plus ici et là.
Et c’est cette animation animale coordonnée de civilités qui la fait vivre, cette mode de s’enticher d’objets vus, tous exposées , éclairés de frais, idiotement légendés dans une pure absence de recherche, genre qui confine à la convention surannée des échanges poudreux, enfantin dans le descriptif, où l’enchère superlative se colore sans cesse dans un gavage de mot dont le marché de l’art à destinée spéculative se goinfre aisément comme le ferait une administration pointilleuse de chiffres, de rapports et de formulaires dans la fierté d’un recensement.

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