Je me suis garé sous les arbres.
Ma voiture n’avait pas bougé de sa place depuis un mois mais était joliment décoré de papiers blancs et bleus et un autocollant d’enlèvement demandé orne maintenant ma fenêtre.
La maison est comme un crapaud noir dans l’ombre de la rue et la voiture de ma femme est garée devant la porte du garage.
Est-elle seule ?
J’écrase ma cigarette sur le tapis de sol et pose mon front sur le volant.
J’ai un trou dans la mémoire, quelques heures ou peut être une journée entière.
La vieille me revient et son visage laid se matérialise souvent dans ce marasme qu’est devenu ma mémoire.
Quand j’ai quitté la rue, j’ai repris ma voiture et ?
Je me redresse et sors de l’habitacle. La maison de mon voisin de droite est sans vie et les volets sont clos. En vacances ou définitivement parti. Je pense que ma femme doit le savoir.
Mes clés tournent facilement et la porte s’ouvre sans bruit.
Ma femme est assise sur le canapé. Elle ne tourne pas la tête et garde les yeux fixés sur l’écran immense qui lui fait face. Un acteur américain sublime regarde la mer. Il tient un fusil de guerre et attend un assaut quelconque.
Je reste debout derrière son dos et je regarde ses épaules nues monter et descendre doucement. Elle sait que je suis là et elle savait que je reviendrai comme après un long voyage. Fatigué, sale et en manque d’elle. en manque de corps avant tout.
Ma main se pose sur sa peau nue et elle sursaute à peine. Sa joue caresse mes doigts et ses lèvres embrassent ma peau.
Mon bras glisse doucement sur son torse, trouve la frontière fine de la dentelle de son déshabillé et ma main disparaît sous le tissu à la recherche de sa poitrine ample.
Son cœur bat à peine plus fort, son souffle est juste un peu plus saccadé.
Elle voudrait me refuser, elle aurait raison. Elle sait que je ne suis venu que pour ça. Moi je ne le sais pas mais je repartirai.
C’est une tendresse ou une violence supplémentaire que je porte sur mes épaules.
Nos corps se trouvent comme ils ne se sont jamais rencontrés.
Je sens la douceur d’une peau qui n’est pas la sienne, je vis la chaleur d’une étreinte lente et retenue.
Un gémissement qui vient de sa bouche ou de mes lèvres et les sexes qui se mélangent.
Ce n’est pas elle qui me touche, je veux que ce soit une autre. Celle que je n’ai pas pu aimer.
Et quand enfin la jouissance me transperce, je vois les yeux de Marie.
CHAPITRE 19
Hakim pose la bouteille de lait dans le sac jaune et me le tend.
Il me sourit et empoche discrètement le chèque de mon loyer.
« je suppose qu’elle t’a dit ?... ne cherche pas à comprendre. Je te conseille de ne pas savoir. »
Je prend le sac et le regarde droit dans les yeux.
« tu me menaces, Hakim ?
- je te conseille, mon ami, je te conseille. La vieille est folle et… dangereuse. Je suis sûr que tu me crois pas bien sur… »
Il sourit toujours et conclut par un haussement de sourcils en se tournant vers la mémé qui vient de rentrer dans sa boutique.
« de toute façon t’écoutes jamais ce que je te dis. Madame Bazin, comment ça va aujourd’hui ? »
Je n’attends pas sa réponse et pousse la porte. La pièce n’a pas changé et les volets semblent toujours fermés.
« Antoine, Vous voilà enfin. Heureusement que mes chers petits chats ne vous ont pas attendu pour boire un peu de lait, ils seraient morts de faim »
Elle est plantée au milieu de la pièce, calée entre deux piles de journaux et elle caresse doucement la tête d’un des matous qui ronfle comme une vieille chaudière.
Une image d’Epinal de bonne mamy au coin du feu.
« Mais je suis heureuse de vous savoir parmi nous. Asseyez-vous. Sur le lit, vous semblez apprécier son confort.
- je ne suis pas venu pour prendre le thé, Madame.
- Non je sais que vous ne buvez que du café.
- J’ai beaucoup de question et je ne suis pas d’humeur.
- Alors mon cher Antoine, je vais vous demander de bien vouloir poser la bouteille de lait dans le frigo. Sur le plan de travail, vous trouverez la monnaie exacte correspondant à l’achat. Une fois cela fait, et si votre humeur ne s’arrange pas, vous retournerez chez vous à vos activités solitaires ».
Sa main sur la tête du chat continue sans changer de rythme. Elle sait que je dois rester, elle sait que je ne peux pas partir sans savoir.
Je me reprends, ma colère est lente et profonde. Plus cette vieille me regarde, plus elle augmente mon envie de hurler. Je sens ma gorge se nouer, retenir un cri, une insulte ou pire une gifle.
Je pose la bouteille de lait dans le frigo et claque la porte en retenant le plus possible mon geste.
« je vous prie de m’excuser Madame, je suis un peu à cran
- vous n’avez rien à vous faire pardonner, mais je ne peux pas m’entretenir avec quelqu’un qui hausse le ton. Ça angoisse mes chats. »
Et ses lèvres se fendent d’un sourire espiègle.
« Et ben crève avec tes chats vieille conne ! »
Je n’ai pas le temps d’en dire plus. Mes pas claquent dans le couloir. Elle jette comme une promesse à ses félins.
« La prochaine fois, mon cher Antoine, pourriez vous me ramener du beurre ? Et je vous autorise à m’appeler Lucette désormais…
- vieille peau ! »
Et la porte se claque sur huit jours de silence total.
Pour moi ce sera huit jours de cuite non stop.
Savoir qu’elle est juste là.
La plaquette de beurre, mon calme, la porte que je toque discrètement et son « entrez » chanté joyeusement.
Le couloir qui semble plus long à chaque visite et la pièce froide et glauque.
Je ne la vois pas tout de suite. Comme à chaque fois.
Une musique de fanfare qui sonne étrangement entre ces murs. Trop de gaieté ou trop de vie.
Des trompettes alors que je verrais un orgue.
Elle est assise sur son lit. Ses jambes maigres sortent comme deux petits piquets de dessous un tablier rose.
Ses pieds sont enfilés dans une paire de chaussures à talons carrés cirées de frais.
Ses mains squelettiques jouent innocemment avec une pochette de disque et deux chats sont posés de part et d’autre de ses cuisses, me regardant comme des phénix gardant la momie d’une reine orientale.
« Lucette ? »
Elle lève la main d’un geste étonnamment rapide et me fait taire.
Les yeux fermés, sa tête dodeline doucement sur le rythme crescendo d’une grosse caisse qu’une dernière salve assassine de trompettes fait enfin taire.
Son visage se redresse et elle m’illumine de son sourire d’enfant.
« Je déteste cette musique ! »
Et elle rit.
« Aucune profondeur, aucune force ni épaisseur dans la musique. De la rythmique primaire et des cuivres tout à fait grossiers. »
Elle tape des mains comme pour ramener le calme dans une assemblée dissipée et pousse les deux chats par terre sans aucune douceur.
« C’est une collection que j’ai récupéré, il n’y a que cette musique de foire ou des marches militaires. Mais ça reste de la musique et c’est toujours moins léger que le silence. »
Elle tend la main vers son fauteuil roulant. Je fais un pas pour l’aider mais elle a déjà basculé avec agilité sur le coussin qui la soutient, ses mains attrapent le cercle qui surligne les roues et elle pivote vers moi.
« Je reconnais que votre initiative de m’aider me touche mais vous savez depuis 5 ans que je suis enfermée dans cette pièce, j’ai appris à me débrouiller toute seule. Café ? Mon Porto a connu une belle fin et malheureusement, je n’ai pas encore pu le remplacer.
- ça ira.
- Vous avez pensé à mon beurre ?
- Demi-sel
- C’est parfait. C’est ce qu’il y a de pire pour ma santé, le gras et le sel. »
Et de nouveau son petit rire dégringole de sa gorge et la suit dans la cuisine.
« Lucette… ? je
- je sais ce que vous êtes venu me demander. Je vous répondrai, mon cher Antoine, d’autant que vous m’avez l’air d’une humeur joyeuse et que je suis sur que votre compagnie me siéra aujourd’hui. »
Elle revient après quelques minutes, un plateau en argent sur les genoux et deux tasses fumantes, j’ai repris ma place sur son lit. Les habits repassés de la dernière fois ont disparu mais la chaise est occupée par deux des chats.
« Vous vous y plaisez ?
- Pardon ?
- Dans l’appartement? Est-il à votre goût ? Je l’ai fait rangé avant que qui ce soit ne revienne, je ne voulais pas que l’on puisse croire qu’elle était une souillon.
- Oui c’était parfait.
- C’est important de se sentir chez soi dés les premiers pas dans une nouvelle maison. »
Le rythme, le contenu de la conversation verse rapidement dans le banal. Je sais qu’elle prépare quelque chose d’étrange, une nouvelle claque.
« Vous m’amusez, Antoine et je dois vous dire que cela fait trop longtemps que ça ne m’est pas arrivé.
Vous vous tenez sur vos gardes, vous semblez si dur, si dangereux. Vous n’êtes qu’un enfant. Pourquoi avoir abandonné votre femme ?
- Qui ?... »
Elle sourit doucement et trempe ses lèvres maquillées dans le breuvage.
« Vous. Maintenant. »
Elle joue. Elle me taquine comme un de ses chats jouerait avec une souris tentant de lui échapper. Elle sait d’autres choses, beaucoup trop de choses alors qu’encore une fois, je n’ai aucune carte en main.
« Vous savez que Marie m’a parlé de vous »
Et encore un silence. J’y verrai mille fois une fanfare tellement ce non-dit est lourd.
« Marie n’avait pas d’ami et ne connaissait personne. Bien sûr quelques clients étaient plus entreprenants que d’autres et comme dans la chanson, elle se mariait vingt fois par jour mais elle n’avait jamais eu personne le soir pour dîner simplement, si vous comprenez… »
Ses lèvres se posent à intervalles réguliers sur le bord de la porcelaine.
Je garde le silence et n’ose pas bouger de peur que le moindre mouvement ne casse le flot mince et fragile de ces confessions.
Je savoure chaque détail sur sa vie mais rien d’essentiel pour le moment. Rien qu’un peu de peinture comme fond d’un tableau toujours flou.
« Qu’est ce que vous faites dans la vie, mon cher Antoine ?
- je… je suis au chômage.
- Belle initiative. Ça vous ouvre un champ du possible on ne peut plus large. J’étais institutrice quand mes yeux permettaient à mes jambes de me guider dans une salle de classe et puis, les choses sont passées. »
Elle pêche un petit gâteau sec et de son autre main me tend l’assiette.
« Je n’ai jamais quitté Marie. Je savais toujours dans quelle institution elle était, quelle famille d’accueil elle a côtoyé, quels parents étaient de bonnes personnes et qui ne la méritait pas. Je suis sur que vous comprenez »
Non je ne comprends pas. Le tableau est de plus en plus difficile à déchiffrer, elle jette des couleurs sombres dans tous le sens et couvre le mince dessin qui servait de trame.
Non je ne comprends pas comment elle a pu la laisser, l’abandonner alors qu’elle élevait les gosses des autres toute la journée.
« Non je ne comprends pas.
- j’en étais sûre. Personne ne prend la peine de comprendre. Mon cher Antoine, je vous dois une histoire que vous ne connaissez pas. »
Elle finit sa tasse et se cale doucement dans le creux de son fauteuil. Ses mains se posent sur les accoudoirs et elle se racle la gorge comme si elle allait commencer un long récit, une épopée fantastique.
« Ma fille est morte. Voilà le point final de ma vie de mère. Elle s’est suicidée d’un coup de révolver deux semaines après avoir abandonné Marie.
Je ne connaissais plus ma fille, mon cher Antoine, je ne la voyais plus depuis qu’elle avait eu le don de se mettre dans des situations sordides. Je l’avais rejeté autant qu’elle m’avait maudit. Je n’ai su que Marie était née qu’après sa mort. Une lettre de l’administration que j’ai trouvé en fouillant les affaires de ma fille. J’aurais voulu trouver une lettre d’adieu, un mot d’explication que l’on garde en soi, vous savez comme une cicatrice. Je n’ai rien eu que ces quelques lignes dans un français académique et un appel téléphonique de la Police. Comme celui que j’ai reçu, il y a peu, pour Marie. »
Ses yeux sont secs mais ses mains tremblent légèrement.
« Dés que j’ai su l’existence de ma petite fille, je n’ai pas eu le courage de vivre à sa place. C’est un terme fort le courage, mon cher Antoine, dont peu de gens connaissent le sens profond. On le confond trop souvent avec la bêtise, l’entêtement. Je n’ai pas eu le courage de la prendre dans mes bras et de la guider dans la vie mais j’ai eu le don de le savoir. La lucidité est tellement plus importante que le courage. »
Elle laisse infuser sa phrase dans l’ambiance de la pièce. Je la trouve hors de propos, incongrue. Elle sur-joue et ne répond pas.
« Je l’ai suivie. Vous savez il est simple de trouver quelqu’un quand on le veut et j’ai patiemment attendu ses 18 ans. Son parcours devait la pousser dans la rue à sa majorité. C’était inévitable, elle était encore plus écorchée que sa mère. J’ai trouvé son visage sur un banc de Paris, un sac avec quelques affaires posé à ses pieds et un chien qui reniflait le tout. Je me souviens parfaitement de ce jour et de sa réaction en voyant une pauvre vieille femme s’asseoir à coté d’elle : elle a rit et j’ai su que ça ne pouvait être qu’elle, ma petite fille. La suite vous la connaissez sans doute sans que j’aie besoin de m’y attarder trop longtemps : je lui ai fait savoir qui j’étais, elle ne m’a pas cru, elle m’a rejeté, elle m’a maudit, elle m’a brutalisé, elle m’a appelé et je crois, elle m’a aimé. Quand l’appartement en face du mien s’est libéré, elle n’a rien dit et elle est venue d’elle-même s’installer. Je commençais à perdre la vue et mes jambes déjà faibles ne me portaient presque plus. »
Elle caresse les plis de son tablier comme pour confirmer.
« C’était il y a un siècle j’en ai peur. »
Tout cela me semble trop vrai, trop concret. La douce grand-mère qui prend sous son aile une gamine abandonnée.
La mamy alors presque impotente, qui trouve le courage qu’elle n’a jamais eu.
La raison qui saisit au moment où la vie semble n’être plus faite d’années mais de jours ou d’heures ?
« Vous n’arrivez pas à comprendre, je le sens. Vous n’avez même pas bu une gorgée de café »
Ses yeux blancs sont fixés au dessus de ma tête mais je sais qu’elle peut suivre mes mains. La tasse est froide maintenant.
Elle penche la tête vers son épaule et soupire.
« Antoine, je ne sais pas quelle confiance je peux avoir en vous. Et je suis sincèrement désolée mais l’achat de ces menus aliments n’est pas exactement ce qu’il me faudrait pour vous connaître mieux. »
Un petit courant d’air me glisse dans le cou. Il ne peut venir que de moi, de la fatigue qui se jette sur mes épaules. Le sommeil puissant et un sentiment immédiat de ras-le-bol. Je n’arriverai à rien face à ce chantage constant pour une lutte qui n’est même pas la mienne. Le vieux balayeur avait raison.
« Il y a peut être dix ans que je n’ai pas vu la mer. »
Mais je ne peux plus revenir en arrière. A la seconde où j’ai croisé son regard, quand elle s’est mise nue pour s’offrir vulgairement j’ai basculé dans une pente douce qui se finit en à-pic.
Le monde est au dessus de ma tête, la vie, ma vie, est entre parenthèses et je chute sans un cri en travers de mes lèvres.
Je me laisse partir contre un pavé boueux ou un fond inexistant et mes poings se ferment pour frapper au hasard l’air qui siffle dans mes oreilles. Juste pour que le vent sache que je le déteste de n’être là que pour me chanter les délires de la vieille.
La chute sera mortelle mais je ne partirai pas seul.
J’ai laissé la vieille, je l’ai abandonné dans son monde blanc. Quelle couleur peut-elle voir. Je lui en maudis des plus tristes, des plus vives.
J’ai retraversé le couloir, ne voulant plus que quitter cette rue de merde. Ce monde de vices à chaque coin de vie.
Je veux ma vie, celle d’avant, celle qui n’avait rien de bon mais surtout rien de mauvais. Cette existence non violente, non érotique, non tentante, non sauvage. Cette non vie.
Les murs me retrouvent et ce rose m’agresse.
Il ne peut en être autrement : c’est elle et elle seule qui mène le jeu. Elle me donne quelques croûtes pour que je ne m’impatiente pas.
Le couloir m’accueille et surtout ce vide. Pour la première fois depuis que je suis ici, je suis totalement seul. Marie s’est enfuit.
Je jette mes chaussures dans un coin sans me soucier de la déranger. Elle a quitté les murs définitivement et le vide m’agresse, me saute aux yeux.
Il n’y a que des meubles de mauvais goût et d’une couleur vomitive, des reliques d’un vieillard grabataire et les restes d’une vie de sexe sans passion.
L’armoire trône et je sais maintenant qu’elle ne contient rien.
Mes doigts attrapent la clé et le lourd battant s’ouvre en grinçant.
Il y a des vêtements, bien sûr, des vêtements de pute, des vêtements sans vie, des vêtements sans elle dedans pour les rendre si beaux.
Une rage.
Il n’y a plus de contrepoids et je reste le cul dans le sable. Dans la vase.
Je les jette au sol, les cueille des planches de bois noir, ils volent comme des feuilles multicolores d’un arbre féerique, je les déchire maintenant, arrache les manches et éventre les manteaux de pacotille avec strass et paillettes.
Je sais que je ne peux plus revoir ce que j’ai pu être. Les coups de ce camionneur, l’arme pointée sur le serveur. Tout n’était alors qu’une simple bascule, un jeu de tape-cul mais où personne n’est maintenant de l’autre coté.
Elle n’est plus là, plus là pour feuilleter mes rêves et mes délires. Plus là pour embrasser mes larmes quand je les pose sur ses coussins.
Le tissu se déchire, qu’il soit coton, satin, dentelle ou plastique.
Je plante mes dents dans ceux qui me résistent et je jubile de cette déchirure comme une peau qui cède sous mes assauts.
J’ai mal aux phalanges et aux gencives mais il ne reste presque plus rien.
Plus rien d’elle que les mots aveugles d’une pauvre folle et enfin cette pile de laine que je piétine avant de la frapper pour la tuer. Tuer ce qu’elle a pu couvrir pour que plus jamais je ne me soucie de cette ombre qui a bouffé ma vie.
Je suis seul ici au milieu de fibres auxquelles je mettrai le feu dans une poubelle d’impasse.
Chaque souvenir, chaque trace de son corps, de son parfum doit disparaître.
Qu’il n’existe sur cette Terre que les mots qui finissent oubliés ou la mémoire de cette pauvre conne qui la cultive patiemment pour que je reprenne le flambeau et que s’éteigne enfin son image avec moi.
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