il est ces fois où la réalité nous attrape
nous rattrape
de cette histoire d'un cheval au galop
et même plus vite
instantanément
une phrase me saisit
de quand je suis dans le temple
de la normalité, de la marchandise
du commun des mortels
je croise ces mots
on avait dit qu'on faisait des nouilles ce soir
putain
je savais les trous noirs
les vortex
les failles temporelles
les dangers inconnus
le côté sournois du réel
mais là
le piège parfait
impossible de s'en sortir
je me redirai cette phrase
tout le temps de mon parcours
devenu comme initiatique
à cet instant
on avait dit qu'on faisait des nouilles ce soir
il y avait dans son nouilles quelque chose de la tendresse
molle
d'une pâte trop cuite
mal égouttée
avec si peu de beurre et moins de sel
il y avait dans leur vie déambulante
dans les rayons du temple
la même image
et
je me redisais
sans cesse
cette phrase
comme on suce un bonbon
avec un regard à l'instant éveillé
sur le troupeau du bon pasteur
à ce carrefour des mondes
c'était un jour férié
une autre atmosphère
il n'y avait pas de pression
des soldes d'avant noël
comme dans une vie parallèle
on avait dit qu'on faisait des nouilles ce soir
comme le titre d' un livre
l' envie de ce texte
je suis rentré
je mange
du pain de campagne juste cuit au temple
ils commencent à bien le faire à leur fournil
un claquos à pas cher qui pue à l'ancienne
un raisin italien au sucre du sud
un rouge gouleyant en solde médaillé d'or
on avait dit qu'on faisait des nouilles ce soir
à qui je pourrais dire
une chose de cet ordre
on enlèverait les nouilles
on mettrait autre chose
on serait vivant
ensemble
d'un résumé de la vie
d'une façon de dire
l'envie
encore
un trésor
que l'on cherche
dans le tamis du temps
dans sa trame
on jette
des tonnes d'heures
pour quelques secondes
de bonheur
flo cuisine
deux steaks deux saucisses
il me parle de burger
ça sent le méga
notre drogue d'ici
la bouffe
mmm mais
je ne suis pas seul
lui non plus
on s'accompagne
nos solitudes
sa jeunesse
j'aime
ses bruits de cuisine
Commentaires
journal du bord
ven, 13/11/2015 - 01:52 — mixmix
Entre les nouilles et les bombes, le fossé n'est pas large
jeu, 19/11/2015 - 17:09 — kathleenC'est peut être cela le véritable théâtre des opérations comme on dit maintenant.
Une réalité bien tristement ordinaire;
une chose change pourtant: je ne peux plus le supporter, ça y est je suis à saturation, ivre et titubante.
Je devrais peut être relire Molière, mes années collège sont loin mais .. il me semble que ces anciennes réalités sont encore bien actuelles.
je souffre.
De ne pas avoir appris
Encore plus
Faire un rempart à cela
La médiocrité
Pire que l'intellectuelle, celle de l'âme..
Qui sont ces tartuffes des temps modernes? Messieurs-Dames qui cherchez à vous couvrir, en réalité vous vous dévoilez.. (sans mauvais jeu de mots)
je ne sais pas si cette lisibilité m'accable ou me réconforte, il faut que je me pose plus sérieusement la question.
Merci Michel pour ce si beau texte, sincère et vrai comme toi, tu photographies de tes mots, avec beaucoup de sensibilité et de finesse, les images de cette vie. Biz
kathleen
Souvenirs des choses dites...sont tendres
jeu, 26/11/2015 - 09:36 — Vincent LAUGIERBeauté de la banalité quotidienne quant une effraction en montre la fragilité et l'attachement qui s'y rapporte, pour peu qu'on la regarde et qu'on s'aperçoit qu'elle file, elle a de l'ampleur de se vivre doucement, répétitive et rassurante comme le son d'une horloge qui marque les pas du temps dans la trajectoire de nos vies.
Ton texte sonne la vie qui s'écoule à deux dans un jeu d'habitude ou la tendresse est présente, bravo mix , cela me parle...
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