On s'est construit entre les murs
Et sur le dur des grandes dalles,
Les bâtiments faisaient armure,
Et ça nous collait au moral.
On a grandi sans être sûrs
Qu'il faille un jour que l'on s'en aille,
Comme on regarde le futur
Au travers d'un grand feu de paille.
On est partis sans êtres mûrs
Et préparé pour la bataille,
En se blessant par les chaussures,
En se disant : "Vaille que vaille".
Souvent on a pris des coups durs
Qui ont creusé dans notre faille,
Mais sans oser avouer l'injure,
Sans pouvoir sortir le son aïe.
Et puis un matin de blessure,
On est tous revenus bancals
Se refaire un point de soudure
Et se réparer le bocal.
Les poches lourdes de ratures,
Tombés de notre pied d'estale,
On a laissé tombé l'azur
Pour le bon vieux nid parental.
Pour revenir au pied du mur
Où l'on shootait dans une balle
En se bourrant la tête dure
Avec des bombecs à deux balles.
Les années passent,
et rien ne dure,
Mais ici sur la grande dalle,
On sait que payer la facture,
Il n'y a rien de plus normal....
On en oublie que l'aventure,
Souvent ça peut faire très mal,
Mais que ça fait sauter les murs
En nourrissant un idéal.
On en oublie que le futur
Dépend de choses très banales,
Un acte, un don, c'est la mesure,
Un simple geste matinal
Et le monde paraît moins dur,
On se relie au bon canal.
Commentaires
La Grande Dalle, avoir faim des rêves qui flottent !
mer, 21/01/2015 - 13:59 — Vincent LAUGIEROuais, ouais le canal saint Martin pour les marins qui se marrent d'un rien !
On prendra des couleurs à force d'efforts et de rêves furieux...
Et les petites choses font la beauté du monde à vouloir.
Au coin des rues il y a des fleurs à faire pousser, des sourires à dessiner...
et des rêves à réaliser
lun, 26/01/2015 - 03:25 — FoxPapier dessin papier journal, pas pieds d'airain pas pieds d'estale, "les petites choses font la beauté du monde à vouloir".... Comme c'est causé ça, les sourires fleuriront sur la défiance, parce que les arpenteurs des canaux auront foulé les berges jusqu'à labourer les pavés... Après la mise en jachère hivernale, après la neige sereine, le printemps sourira à ceux qui avancent sur le chemin de leur vie... Et des pavés jusqu'à la dalle des cités, il n'y aura plus qu'un seul été !
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